Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Alizé Léhon, je suis cheffe d’orchestre et je dirige l’orchestre Demos de Moselle Nord, dans lequel vous jouez toutes les deux.
Pourquoi as-tu choisi de devenir cheffe d’orchestre ?
À la base, j’étais violoniste. J’ai fait du violon et aussi du piano. Puis un jour, je me suis intéressée au métier de cheffe d’orchestre. J’ai commencé à prendre des cours et à diriger un peu des orchestres d’élèves. Petit à petit, je me suis rendu compte que c’était vraiment ce que je voulais faire, que c’était un endroit où je me sentais à ma place.
J’aime aussi le fait de transmettre et de travailler avec un grand groupe de personnes. Je trouve ça vraiment intéressant.
Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ce métier ?
Je dirais que c’est rencontrer des gens. Je travaille avec vous, avec l’orchestre, mais aussi avec plein d’autres orchestres, avec des personnes très différentes, parfois dans d’autres pays. C’est un moyen d’aller à la rencontre de gens que je ne connais pas et de faire quelque chose ensemble : de la musique. Je pense que c’est ça qui me plaît le plus.
Est-ce que c’est difficile ?
Oui, c’est difficile, mais comme tous les métiers quand on les fait avec passion et exigence.
Il y a beaucoup d’années d’études et énormément de travail, notamment pour apprendre toutes les partitions que je dirige.
Mais il y a beaucoup de métiers difficiles. On apprend simplement à les faire du mieux possible.
Est-ce que quelqu’un t’a inspirée ?
Pas une personne en particulier. Mes professeurs de direction d’orchestre m’ont beaucoup inspirée.
Il y a aussi une cheffe que je connaissais, Zahia Ziouani. Un film, *Divertimento*, a été inspiré par son parcours.
J’avais lu son livre, une sorte de biographie, et cela m’avait beaucoup marquée à ce moment-là.
Quel conseil donnerais-tu à des filles comme nous ?
Il faut poursuivre ses rêves. Il ne faut pas se dire que, parce qu’on est une fille, il y a des choses qu’on ne peut pas faire.
Il ne faut surtout pas se laisser détourner de son chemin. Si vous avez envie de faire quelque chose, il faut y aller et croire que vous allez y arriver.
Qu’est-ce que tu aimes dans le fait de transmettre la musique aux jeunes ?
J’aime la relation qu’on crée. J’aime vous avoir vues grandir. Quand vous avez commencé, vous étiez encore des enfants, et aujourd’hui vous évoluez. Voir ce passage et cette progression sur trois ans, c’est assez incroyable. Ça me plaît beaucoup.
Peux-tu nous parler du prix que tu as reçu ?
J’ai reçu un prix au concours de direction d’orchestre La Maestra, il y a quelques mois, en mars. Au même moment, j’ai aussi reçu une récompense aux Victoires de la musique classique : la Révélation cheffe d’orchestre.
Ce sont deux distinctions qui me font très plaisir et qui m’encouragent à continuer ce métier.
Qu’est-ce que ça fait de diriger l’Orchestre de Paris ?
C’est assez incroyable. C’était un peu un rêve pour moi, j’avais l’impression d’être dans un rêve. C’est aussi impressionnant, parce qu’ils jouent extrêmement bien. J’ai été très marquée par leur niveau. Oui, c’était vraiment un rêve qui s’est réalisé.